Je n’y arriverai jamais…

Nos croyances peuvent nous limiter. Pourtant la guérison des Troubles Alimentaires existe.

Beaucoup de TCA se chronicisent à différents degrés et alors « on fait avec » et en dépassant les symptômes les plus invalidants.

Guérir vraiment (se libérer du poids, des stratégies de contrôle, des pensées rigides/obsessionnelles, des comportements « problématiques », des auto-jugements négatifs sur soi/son apparence, du regard de l’autre…) n’est possible que si l’on accepte l’idée de deuil.

La maladie apporte des bénéfices secondaires plus ou moins conscients, sans lesquels il serait plus simple de s’en détacher. C’est pourquoi beaucoup de personnes restent à la frontière : « je vais mieux, je veux guérir (sans prendre de poids) mais j’ai peur… » Qui suis-je si je ne suis pas « anorexique » « boulimique » « malade » ?

Après avoir vécu près de 15 ans avec un TCA je me demande parfois si tout cela est vrai : l’enfer de la maladie, ce qu’elle m’a poussée à faire (ou ne pas faire), l’enfer de l’internement aussi.

C’est comme une autre vie…

… où je ne vivais pas.

Je témoigne de mon expérience mais c’est celle de tellement d’anciens anciennes patient(e)s et bien que chaque histoire soit singulière. Simplement, le plus souvent, les personnes guéries tournent complètement la page.

Est-ce qu’en parler c’est rester collé.e à la maladie ?

Cela dépend de la fonction du témoignage : au service de quoi on le met, quand et puis comment.

J’ai suffisamment témoigné dans les médias ou via mes livres d’où l’idée aussi de coordonner un ouvrage collectif et faire entendre d’autres voix.

Je ne sais pas de quoi demain est fait, peut-être que j’aurais tout à coup envie de ne faire plus que du tricot (je n’ai rien contre les personnes qui tricotent.)

En attendant il n’en reste pas moins que la guérison est possible : même après 5, 10, 15 ans de maladie…

Je veux que cela se sache  😉

Plus le trouble est ancien et les blessures profondes et plus c’est difficile. C’est un long combat (j’aime ce parallèle même si dans les faits, pour guérir, il faut lâcher cette notion de lutte et de combat justement.)

D’où l’importance du repérage, dépistage précoce et d’oser demander de l’aide bien que la maladie nous pousse à s’isoler. Cela aussi je tiens à le souligner.

Il n’est jamais trop tard pour se faire aider.

Pour guérir, il faut commencer par y croire…

Le travail sur les croyances limitantes ainsi que la psycho éducation sont importants, ne serait-ce que pour comprendre les processus de la maladie et ainsi mieux la gérer, puis la dépasser, jusqu’à s’en libérer.

Y croyez vous ?

Sabrina Palumbo-Gassner

Coach certifiée praticienne en ACT & Mindfulness, Formatrice, Consultante en santé mentale

  • Spécialisée dans l’accompagnement des relations douloureuses à la nourriture
  • Conseillère en Nutrition-Santé et Nutrition-Performance
  • Membre de l’Association Francophone pour une Science Comportementale et Contextuelle (AFSCC) et de l’Association Française de Thérapie Comportementale et Cognitive (AFTCC) et du réseau d’anciens usagers Experts Psycom
  • Auteure de « L’âme en éveil, le corps en sursis », « Troubles alimentaires : mieux comprendre pour mieux guérir », « Les voix du rétablissement »

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