Corps et âme en éveil

Les 25 ans du Psycom et petites réflexions personnelles…

Le 23 novembre le Psycom (organisme d’information sur la santé mentale) fêtait son anniversaire – 25 ans déjà ! – à la Maison des Métallos à Paris. Je voulais faire un retour sur cette journée qui avait pour thème « parler de la santé mentale sans stigmatiser » autour de 3 univers : “Santé Mentale”, “Schizophrénie(s)” et “Guérison”. 

Vous trouverez le programme de la Journée Maux croisés sur cette page et cela vous donnera une idée de la richesse des échanges et la qualité des intervenants. Les vidéos de la journée seront visibles sur le site du Psycom prochainement.

Personnellement j’ai été ravie de revoir l’équipe du Psycom et bon nombre d’acteurs que je connais depuis plusieurs années maintenant (on va dire depuis que je suis devenue « auteure de ma vie » et aussi « actrice de ma santé »). Je fais partie du réseau des témoignants du Psycom que j’ai connu en m’impliquant auprès de la maison des usagers de l’hôpital Sainte-Anne. La responsable de cette maison me remercie d’ailleurs de parler du rôle important des MDU dans mon dernier ouvrage (fin de la digression).

C’est en lisant ce commentaire d’une amie très impliquée : « Ça m’a fait du bien cette super journée maux croisés du Psycom. C’est bizarre après de se retrouver à la maison sans toutes ces belles personnes. Un peu dur. Merci à ceux qui étaient présents d’avoir été présents et bienveillants. » que j’ai eu envie d’écrire mon billet.

Un billet dans lequel j’ai aussi envie de remercier ces acteurs (Psycom, CCOMS…) qui m’ont évidemment aidée sur le chemin du rétablissement. J’avais déjà entrepris pas mal de choses pour sortir des troubles alimentaires dont j’ai souffert mais au final ce qui est parfois le plus compliqué pour un(e) malade il me semble c’est de sortir de son identité de malade et de l’étiquette de « psychiatrisé(e) ». J’attire votre attention sur le fait qu’il ne faut pas tout confondre : je parle ici de ceux qui se font enfermer, des soins sous contrainte, de cette forme particulière de la psychiatrie que j’ai connue et qui n’a rien à voir avec une prise en charge plus « classique » de l’anorexie en service spécialisé par exemple (c’est un tout autre débat et je vous invite à lire le passage de mon livre où je donne quelques conseils en cas d’hospitalisation lorsque l’on souffre de tca).

Alors oui, le fait de mettre des mots/des concepts sur quelque chose que j’avais compris de manière plus empirique (le rétablissement par exemple), le fait d’entendre parler de pouvoir d’agir, de mieux comprendre le « poids » de la stigmatisation (l’importance de la destigmatisation !) et puis de s’apercevoir que les malades ont « aussi » des droits… tout cela m’a aidée. Comme je le dis en souriant à Aude Caria et son équipe peut-être même « plus que des années de psy » !

Comprendre que nous ne sommes pas malade « ou » guéri(e) et qu’entre les deux il se passe beaucoup de choses c’est l’un des messages contenu dans mon livre « Troubles alimentaires : mieux comprendre pour mieux guérir » et c’était l’un des messages de cette journée Maux croisés.

Pour faire un peu d’auto-promo je dirais que si le titre du livre fait référence aux troubles alimentaires (c’est un peu le sujet que je maîtrise le mieux…) en réalité il aborde des notions plus larges et j’essaie de transmettre ce que j’ai pu apprendre au contact de ces personnes (au travers de rencontres, formations, etc). C’est donc bel et bien de santé mentale, de reprise de pouvoir, de la difficile mission qui est de donner du sens à sa vie dont il est question dans ce livre et pas seulement de nourriture, de peur de grossir ou de plaisir à maigrir si vous voyez ce que je veux dire…

Dans une récente interview je parle des optimistes qui m’ont aidé à positiver, voir les bons côtés de la vie, dans mes remerciements je cite plusieurs personnes (dont le parrain de mon association bien sûr) j’aurais beaucoup de merci à dire alors je vais m’y prendre autrement :

Merci à toutes les personnes qui m’ont aidée à sortir du statut de malade.

On peut être « guéri », ne plus avoir de symptômes visibles de la maladie, et souffrir néanmoins du poids de l’étiquette, de n’être peut-être aux yeux de certains qu’une « malade » ou « ancienne malade » quand il me semble que l’on peut être bien autre chose et que l’on peut notamment faire partie de ceux qui aident au rétablissement des autres. Je disais récemment au Professeur Lejoyeux que la santé mentale c’est un peu comme une course de relais… quand on nous a mis des outils pour guérir dans les mains c’est bien de les transmettre aux autres.

Merci le Psycom pour cette belle journée autour de thèmes intéressants pour tous ceux qui sont concernés/intéressés par la santé mentale. Merci et spéciale dédicace à Céline Letailleur du CoFoR (Centre de Formation au Rétablissement) de m’avoir citée parmi les rencontres marquantes. Merci à Jean-Luc Roelandt et tous ceux qui ont répondu présents lors de ce rdv.

Sabrina Palumbo

“C’est tout à fait nouveau d’oser parler publiquement de ses troubles psychiques et d’avoir le courage de défendre ses droits. Cette parole était auparavant taboue, impossible à dire et à entendre ; elle s’émancipe. Et grâce à la chambre d’échos d’internet et des réseaux sociaux, cette parole individuelle devient force collective.” Aude Caria, directrice du Psycom

ps : Mon prochain article parlera peut-être de la pair-aidance, des médiateurs santé pairs… 😊

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