Corps et âme en éveil

Un frère témoigne de la maladie de sa soeur

Anne-Caroline a été une enfant bourrée d’énergie, une boule de joie. C’est en grandissant que les choses se sont compliquées : en effet, dès qu’il y avait un conflit avec une personne du même âge qu’elle (moqueries), ma sœur vivait intérieurement très mal la chose. Ce qu’elle voulait faire à ces personnes là c’était se venger. Mais ce n’était pas dans la personnalité d’Anne-Caroline. Elle passait donc sa rage sur moi (en me tapant, me dénigrant). 
 
Les années ont passé et ma sœur devenait de plus en plus mal dans sa peau et se renferma. Elle se rendait compte que de me taper et me dénigrer n’avait pas de rapport avec la haine qu’elle avait envers les mauvaises personnes. Comme elle ne savait toujours pas se venger, elle se punissait (scarification, envie de se suicider…). Le seul réconfort pendant son adolescence a été de manger. Mais les quantités de ce qu’elle mangeait était égal à la quantité de (beaucoup!!) de rage qu’elle avait en elle. 
 
C’est à ce moment là que son poids changea très vite jusqu’à 86 kg. Elle s’était rendue compte que la santé était plus que préoccupante. C’est ainsi que j’ai compris qu’il y avait un espoir. J’ai remarqué qu’elle pouvait enfin dire stop et penser à elle (une grande première !). 
 
De là, s’était suivi un régime établi par un diététicien. Anne-Caroline suivait à la lettre ce qui était recommandé. J’apercevais une envie de réussir et d’atteindre son objectif.
 
Le « cauchemar » a repris de plus bel (chasser le naturel et il revient au galop !). 
 
Suite aux vacances passées avec notre tante (qui est médecin), je ne l’ai plus reconnue. Elle avait perdu énormément de kilos. Tout était confus aussi dans sa tête:
– Des sommeils irréguliers ;
– Des repas inexistants ;
– Un comportement inhabituel.
Ça y est, j’avais compris qu’elle était « anorexique ». 
 
Aujourd’hui, c’est un jour de la restauration rapide et un autre jour rien. Ses heures de sommeil s’affichent entre 3 à 5 heures voir des nuits blanches. Son obsession pour la balance: je cite « Zut, j’ai pris 1 kg! » 
Ce que je souhaite dans sa reconstruction, c’est de trouver qui elle est. Qu’1 kilos de pris ne change pas les sentiments qu’on a pour elle et que l’on a qu’une seule vie. Si je dois dire quelque chose: « Pète un bon coup ». 
 
La signification de « pète un bon coup »: qu’importe le regard ou les jugements que peuvent te faire les gens. Tu ne t’en préoccupe pas, tu laisses couler.
 
Synonyme : ne t’arrête pas sur ce qu’ils te disent, fais comme le « pet sur la toile cirée » et tu verras que tu t’en rendras moins malade.
 
Pierre Marillonnet 
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