Corps et âme en éveil

Troubles alimentaires : Mieux comprendre pour mieux guérir – Postface du Dr Alain Meunier

J’ai lu beaucoup de témoignages, il en est de talentueux, de pathétique, de touchant. C’est souvent la description d’une trajectoire vécue comme un « calvaire des temps modernes », un cri muet qui vous laisse pantois et sans solution. Au sortir de ces lectures, on se dit est-il possible de guérir l’anorexie sans tuer l’anorexique ? Que reste t-il de l’adolescent qui est derrière,
en pleine métamorphose ?
Ce qui est en jeu, c’est bien-sûr l’alimentation, mais surtout une mécanique psychique implacable : l’Anor-mind. L’emprise de ce mental anorexique menace bien plus l’évolution nécessaire d’une fille entre 12 et 18 ans que son corps lui-même.
On l’oublie, à cet âge de la vie, il se passe plus de choses que dans la vie entière. Ce que nous savons de nous aujourd’hui est davantage l’effet de notre adolescence que de notre enfance.
Alors comment « priver l’adolescent » pendant plusieurs mois, un gamin en pleine métamorphose ? L’hospitalisation est un gigantesque « malentendu » de l’anorexie.
Etre attaché sur un lit pour ne pas perdre de calories, être privé de ses parents, entendre « tu n’as pas fini ton repas », être menacé de sonde ou d’alimentation artificielle, être privé de
tout, d’ordinateur, de téléphone, de livres et de tous les liens et contacts alors que ces éléments font partis du problème principal. Tout cela est vrai, je l’entends journellement dans mes consultations. Mais est-il possible de faire autrement dans un lieu fermé, « devant un gamin qui vous déteste et refuse de manger » ?
Le témoignage de Sabrina est « une merveille », à chacune des souffrances vécues sont attachées une solution et l’indicible envie de faire autrement. Pas mieux, autrement.
Des « centres de soins en ville » permettent de préserver la scolarité, des liens que laisse la maladie et la vie elle-même. La synergie de toutes ces techniques : les possibilités ouvertes par les neurosciences, l’auto hypnose, la pleine conscience, les stimulations magnétique transcrânienne, les groupes d’affirmation de soi, les outils psycho-corporelles et bien plus encore, nous met devant l’assurance qu’il est possible de faire autrement.
Merci Sabrina.
Dr Alain Meunier est psychiatre et psychothérapeute. Il est le cofondateur d’Urgences psychiatrie, de SOS Dépression, de la Note Bleue et de SOS ANOR. C’est au sein de cette association qu’il s’occupe plus particulièrement du suivi d’adolescents anorexiques.

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