Corps et âme en éveil

Témoignage rétablissement

Puisque j’ai pris l’initiative de créer ce groupe je vais tâcher de me présenter en détail pour ceux et celles qui ne me connaissent pas.

J’ai 34 ans, bientôt 35. Je suis Clamartoise (92) depuis que j’ai 1 an et je suis née à Paris. Parisienne dans l’âme, j’apprécie notre banlieue du sud ouest de Paris où il y a de la verdure. J’ai un papa, une maman et un grand frère de 5 ans mon ainé (jusque là tout va bien). Petite on me disait brillante, je réussissais tout ce que je touchais : musique, sport, école, examens… Enjouée, casse cou et particulièrement ouverte sur la vie. Bavarde. J’ai commencé le sport très tôt, par la danse avec mes amies d’école. Et puis mon frère m’a fait arrêter la danse pour me faire découvrir son sport : l’athlétisme. Cela a été un « arrachement » mais j’ai très vite pris goût à ce nouveau sport : première compétition, première victoire.

J’ai été finaliste aux Championnats de France du 300 mètres en première année cadette (1997). Je m’entraînais avec des athlètes nationaux et internationaux parfois. Mon entraîneur a eu des déboires, notre club avait mauvaise réputation pour ces histoires de dopages. Elle a fait de la prison puis a été innocentée par la suite. A 17 ans donc je me suis arrondie, je venais de devenir femme. J’ai dépassé de 2 kilos mon poids de forme et j’ai voulu faire un régime pour améliorer mes performances sportives. Je venais d’entrer dans la spirale de l’anorexie. J’ai fait un an d’anorexie restrictive avant de basculer dans la boulimie avec vomissements.

J’ai eu plusieurs hospitalisations. A 20 ans je n’étais pas prête à guérir en service spécialisé. Encore dans le déni il faut croire. A 25 ans j’ai été internée 1 an à l’hôpital psychiatrique de mon secteur. J’ai manqué mourir à quelques centaines de grammes près. Cette année là je suis morte, la psychiatrie m’a brisée. Mais j’ai rencontré un « ange infirmier » qui a éveillé quelque chose en moi et je me suis accrochée à cette petite flamme. Le réflexe de survie. Je suis « restée » pour mes proches, à l’époque je n’envisageais de vivre que pour mes proches de toute façon.

J’ai mis des années à me reconstruire psychiquement et physiquement. Un an après l’hôpital j’avais déjà rechuté.

10665294_1114167075312153_3Le sport a fait partie de ma reconstruction mais j’ai aussi beaucoup travaillé sur moi, j’ai retrouvé confiance dans la nature humaine en rencontrant de belles âmes sur ma route qui toutes m’ont apporté quelque chose de précieux. J’ai essayé de comprendre ce qui s’était passé, comment j’en étais arrivée à être privée de mes libertés et traitée comme une pestiférée. Attachée à mon lit d’hôpital… J’avais beaucoup de colère en moi, j’ai appris à la transformer en énergie créatrice.

Vers mes 30 ans j’ai commencé à sortir de la dépression et j’ai su que c’était le moment de donner vie à mes projets : je voulais aider à mon tour car j’avais la chance d’être « là ». D’autres n’ont pas cette chance.

J’ai entamé une thérapie avec un psychologue psychanalyste. Il m’a vue créer mon association et écrire mon livre témoignage. Il m’a beaucoup aidée. Puis j’ai fait une thérapie ACT où j’ai travaillé sur mes valeurs. J’ai quitté un emploi de salariée pour partager mon expérience car il me semblait ne pas pouvoir vivre vraiment si je ne donnais pas un sens à toute cette histoire et ces années de souffrance.

L’association qui porte mon nom SabrinaTCA92 a fait du très bon travail pendant près de 3 ans. Aujourd’hui elle est en stand by car je dois reprendre une démarche active de retour à l’emploi. On ne peut pas vivre du chômage et du bénévolat. Je poursuis des projets initiés dans le cadre associatif. J’ai aussi profité de cette rupture conventionnelle pour me former en hypnose ericksonienne et en pnl, et pour acquérir divers outils dont je me sers aujourd’hui. Je me suis formée pour me familiariser avec ces outils mais je ne dispense pas de soins, cela est utile pour mieux comprendre le fonctionnement de l’autre et lever certains blocages néanmoins.

J’ai transformé un savoir dit « expérientiel » en « connaissance ». Je suis enrichie des multiples rencontres avec des acteurs reconnus experts dans leurs domaines de compétences. J’ai rencontrés divers acteurs du changement. Je crois d’ailleurs qu’un changement de paradigme est en train de s’opérer vers une psychiatrie plus humaine. Bien sûr qu’il existe une autre forme de psychiatrie que celle que j’ai connue ! Je n’ai pas eu la chance de rencontrer les bonnes personnes au bon moment. De là à rester en colère toute ma vie…

Aujourd’hui je suis diplômée du CCOMS de Lille. Je fais partie du réseau des témoignants du Psycom à Paris. Et je me forme au métier de community manager. Je me lance dans le coaching ; j’ai mon statut d’indépendante pour des prestations intellectuelles en tant que journaliste com’ freelance. Je suis dans l’écriture de mon second livre, j’aime écrire et le processus créatif est important chez moi.

Je travaille sur des dossiers de fond, notamment pour proposer des prises en charge alternatives et aider au repérage précoce de la maladie. L’argent reste le nerf de la guerre…

Je suis en analyse depuis quelques mois et cela m’a aidée à comprendre le fonctionnement de ma famille, les enjeux, les interactions entre les membres. A mieux comprendre mon environnement et le monde en général. J’aime l’humain. J’aime donner de ma personne. J’ai du soigner des traumas. Je m’intéresse beaucoup à l’Economie sociale et solidaire à présent, qui est selon moi la voie royale quand on vient de l’associatif et que le retour en entreprise est « compliqué ». Je me suis heurtée à beaucoup de difficultés en tant que présidente bénévole de mon association. Je me suis aussi fermé des portes en témoignant, il faut l’avoir en tête. Mais l’aventure en valait la peine, une aventure humaine incroyable.

Pour finir cette longue présentation j’ai un chéri qui est gendarme. Nous n’en sommes qu’au début de notre relation mais on tient beaucoup l’un à l’autre. A voir car jusqu’à présent je n’étais pas très douée pour les relations de couple, je suis indépendante de nature et j’avais peur de trop souffrir (l’amour ça fait mal oui !). Et puis j’ai un chat. Little. Little c’est l’âme du nouveau site web sur lequel je compte me pencher prochainement…

Bien amicalement.
Sabrina

Groupe « Accompagnement et Rétablissement »

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