Corps et âme en éveil

La reprise du sport après les TCA

« Je reviendrai, plus forte que jamais »
Agathe, ex gymnaste.


J’ai caressé ce même rêve. Revenir à la compétition après 13 années d’anorexie boulimie… J’ai été finaliste aux championnats de France d’athlétisme à 16 ans et mon rêve était de faire un podium. C’est très dur de devoir arrêter le sport parce que les troubles alimentaires prennent le dessus. Ce qui s’est passé c’est que j’ai fini par reprendre le sport, mais en salle car il n’y a pas si longtemps je n’arrivais même pas à prononcer le mot athlé tellement j’avais de regrets. La pratique du fitness, bodycombat, bodypump, attack, m’a réconcilié avec le goût de l’effort. Le sport m’a accompagné sur le chemin de la guérison. Pour la compète j’ai dû me faire une raison, on ne revient pas à trente ans passé.

Bien sûr il n’y a pas de règle. On sait que de grands sportifs font carrière malgré leurs troubles. Le corps est surprenant et après tout il est peut-être possible de reprendre la compétition aussi. Mais combien d’espoirs brisés par les troubles alimentaires ? Les témoignages ne manquent pas, le monde du sport est très touché par ces pathologies. Les adultes se rendent ils comptent de ce qu’ils demandent aux jeunes athlètes ? Je pense à une amie qui pratiquait la danse et qui m’expliquait qu’en début d’année on les alignait sur une ligne : « toi tu perds 1 kilo », « toi tu en prends 2… » Plutôt violent quand on a que quinze ans vous ne trouvez pas ?

J’ai l’impression que d’évoquer les troubles alimentaires chez les sportifs est encore tabou. On en parle parfois sans en parler vraiment. On interdit en tout cas aux anorexiques de remuer de peur qu’elles ne perdent encore du poids ce qui paraît logique lorsqu’elles sont dans un état de maigreur avancé. Mais combien témoignent que le sport leur a permis de se réconcilier avec leur corps ? Il faudrait peut-être penser aux activités physiques adaptées. Et faire attention que le sport ne soit pas une continuité à leur anorexie car c’est le piège.

Finalement on tâtonne beaucoup. Je reste persuadée que cela m’aurait aidé de pouvoir faire un peu d’activité physique à l’hôpital pour accompagner ma reprise de poids. Il y avait une table de ping pong dans la salle commune et c’était un supplice d’en être privée et de voir les autres patients y jouer. Je suis sortie avec un poids normal pour ma taille. Avec un nouveau corps que je détestais, sans muscle, flasque. Aujourd’hui je pèse près de dix kilos de plus… et je l’aime !

Si pour le moment vous ne pouvez pas pratiquer ne vous découragez pas. C’est possible de reprendre le sport et de se faire plaisir (même sans la compétition). L’important est de trouver le ou les sports qui nous correspondent. Garder d’autres activités et une vie sociale pour ne pas tomber dans l’addiction. En bref amusez-vous mais surtout prenez soin de vous.

Sabrina Palumbo

Source : monpsychologies

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