Corps et âme en éveil

Ne perdez pas espoir. Plus le combat est long, plus la victoire est belle !

Ce sept Février 2015, une semaine après être sortie de l’hôpital, 6h50 je me lève avec une pointe au cœur, je prends mon pouls, je tape à 34, « Anaïs il faut quand même que tu ailles manger un petit bout là avant ton DS de maths ». Je crie, je hurle de douleur, je tombe et c’est le trou noir. Réveillée par la voix de l’urgentiste dire « préparez une RCP faut être prêt » je comprends rien et ce soir c’est l’anniversaire de ma sœur. Visite de routine je sais comment je m’habillerai ce soir ils me libéreront l’après midi c’est rien ! Et bien l’anorexie est là pour te montrer que tu ne contrôles plus rien, que c’est elle qui a ta vie en main. En cardiologie l’interne te fais un électrocardiogramme, tu le vois qu’il se décompose. Il va voir ses collègues tu l’entends devant la porte chuchoter et le voilà revenu avec un fauteuil roulant. J’avais bien compris le truc et je pleure toutes les larmes de mon corps parce que je ne suis pas à l’anniversaire de ma sœur. Transférée en soins intensifs les gens te regardent comme s’ils n’ont jamais vu de poteau de leur vie (oui parce que tu fais la largeur du lampadaire qui se trouve devant l’entrée de l’hôpital). Des semaines allongée, aliénée, tu ne fais même plus ta toilette seule, tu ne te lèves même plus pour aller aux toilettes. Mais à 22 ans on n’est pas sensée réapprendre à marcher, mais à courir derrière nos rêves. Moi à 22 ans, j’ai réappris à marcher aux bras d’un interne en soins intensifs… Et c’est une belle histoire ! C’est sûrement l’aventure la plus dure que j’aurai connu dans ma vie, mais c’est mon histoire. Et j’apprends à vivre avec, à rigoler avec, à danser avec, à réaliser mes rêves avec. Elle ne marche plus à côté de moi, avec moi, mais derrière moi ! Tellement heureuse aujourd’hui de pouvoir faire un montage photo pareil ! J’ai testé les limites de la vulnérabilité humaine et paradoxalement c’est toujours le sourire aux lèvres que je l’ai fais. Je me mets à nu pour montrer, prouver, être la preuve que quoi qu’il en soit on finit par s’en sortir. La première photo montre un front qui a doublé de volume par la perte de mes cheveux, un gros trou blanc, qui faisait qu’il m’appelait « monsieur propre ».

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Aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir avoir ces petites repousses de bébé, qui me permettent de reprendre mes petites habitudes beauté… Merci à tous, Merciiiiiiiiii je ne le dirai jamais assez ; et n’oubliez pas, le plus important c’est d’être entouré, et surtout n’ayez pas peur de dire « je t’aime ».

Anaïs

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