Corps et âme en éveil

Interview de Patrick DUQUOC, Secrétaire Général du Syndicat National des Hypnothérapeutes

J’explique dans L’âme en éveil en quoi l’hypnose ericksonienne m’a beaucoup aidée au début de ma « renaissance ». Aujourd’hui je suis formée en PNL* et en Hypnose Ericksonienne et j’ai la chance de côtoyer Patrick ainsi que de nombreux hypnothérapeutes très compétents. Ma récente mésaventure avec mon centre de formation dont j’étais satisfaite avant de me voir éjecter de révisions pour cause « d’inconscient rebelle » (quelqu’un qu’on ne parvient pas à mettre en transe ça fait désordre…) m’a sans doute motivée pour donner la parole à une personne très engagée au niveau de l’éthique.

Sabrina : Une succincte présentation en guise d’introduction ?

P.Duquoc : Déjà bonjour et merci de cette interview. Je suis donc Patrick Duquoc, hypnothérapeute à Cergy Pontoise, je travaille avec différents outils comme l’hypnose ericksonienne, la PNL, la méditation, des techniques de centrages et un horizon philosophique et existentiel dans lequel je pourrais citer un mentor tel Irvin Yalom ou Robert Pirsig. Je suis aussi le Secrétaire Général du Syndicat National des Hypnothérapeutes.

Sabrina : Tu es hypnothérapeute, quelle est ta patientèle ? Qu’est-ce qu’un bon hypnothérapeute ?

P.Duquoc : Je reçois et accompagne essentiellement des femmes. Elles représentent environ 90 % de ma clientèle. Je préfère en effet le mot client à patient qui est plus adapté à un milieu médical dont je ne fais pas partie, bien que je travaille parfois conjointement avec. Je travaille avec ma clientèle dans une approche globale, axée sur la personne, et mes clients viennent pour des choses assez diverses comme le stress, la confiance en soi, l’estime de soi, des problèmes relationnels et de couple, des problèmes liés à la nutrition ou des choses plus directes comme des difficultés à prendre la parole en public, perdre quelques kilos, arrêter de fumer. Il se trouve que même ces éléments plus spécifiques laissent la place à une prise en charge plus globale de l’être. Et mon expérience me montre que si on vise la pérennité d’un état il vaut mieux travailler en global, en étant centrée sur toute la personne.

Un bon hypnothérapeute ? C’est déjà un bon professionnel libéral, c’est à dire qu’il a une formation adéquate, qu’il est installé légalement comme libéral, et qu’il a une assurance responsabilité civile professionnelle. Qu’il soit aussi un individu ouvert et continue de se former tout au long de sa vie professionnelle. Qu’il soit en supervision par un autre thérapeute, ou en intervision avec des collègues, disons qu’il ne reste pas seul dans sa pratique professionnelle. Après, un bon hypnothérapeute dans sa pratique et ses résultats c’est celui qui convient à son client et donc là seul le client pourra apprécier. Il doit aussi avoir un code de déontologie et suivre une charte éthique. En ceci le Syndicat National des Hypnothérapeutes pose les lignes directrices de cette belle profession.

Sabrina : Quels termes te définissent le mieux ? Des valeurs qui te tiennent particulièrement à cœur ?

P.Duquoc : J’aime les gens, j’aime mes clients, et je suis à 100 % avec eux, je suis créatif, poète et donc j’ai un fort tempérament artistique. Cette expression poétique se retrouve dans l’usage de la symbolique et le travail assez récurrent dans l’univers métaphorique de mon client.

J’ai aussi toujours cultivé un esprit de service, et on m’a parfois qualifié d’ouvreur de portes ou de passeur ce qui me parle assez au regard de ma vie dans son ensemble.

Mes valeurs ? L’amour, la qualité du relationnel et les fruits qu’on peut en récolter, la connaissance et la joie que m’apporte de voir toute la diversité des personnes. La justice et la fraternité aussi, valeurs qui me servent dans toutes mes actions syndicales et associatives. La créativité aussi qui est vraiment dans les fondamentaux de mon être.

Sabrina : Penses-tu que l’hypnothérapie ait bonne réputation ? Que pourrait-on changer ou améliorer ?

P.Duquoc : Elle a bonne réputation dans son ensemble, même si elle souffre de plusieurs points un peu plus négatifs.

Il n’y a pas de cadre minimal de formation pour un hypnothérapeute et donc les écoles ont des formations très diverses en contenu et en qualité d’ensemble. C’est je pense un travail essentiel pour une profession d’avoir un cadre de formation minimal commun, un socle unifié. Qu’une personne se faisant former en tant que praticien soit sûre d’avoir une formation qui correspond aux bases minimums requises pour la profession. Mon souhait c’est de voir évoluer cet aspect de la profession dans les prochaines années…

L’hypnose de spectacle dans sa forme fortement médiatisée actuellement nous fait un peu de mal au regard des croyances qu’elle procure à nos clients. Nous devons régulièrement recadrer en début de travail ce qu’est l’hypnose que nous pratiquons en cabinet et ses différences avec un cadre orienté spectacle, manipulation et parfois humiliation…

Sabrina : La règle d’or d’un hypnothérapeute ? Y a-t-il des choses à éviter à tout prix ?

P.Duquoc : La règle d’or ? Être avec son client, ne pas savoir pour lui, ne pas vouloir pour lui, être là, présent et l’accompagner totalement et complètement dans cet espace thérapeutique et lui donner, redonner parfois, la liberté de faire et l’autonomie.

Donc de fait il convient d’éviter tout thérapeute qui sait à votre place, qui vous donnera ses solutions qui aura une posture et une position de pouvoir ainsi que tout thérapeute qui n’est pas présent pour son client…

Sabrina : Que dirais-tu à une personne qui souhaite suivre une formation ou qui débute dans sa pratique ?

P.Duquoc : Que c’est un beau métier et qu’il faut vraiment se renseigner, rencontrer des gens, parler, échanger. Il y a plein de bonnes écoles, par contre celle qui vous correspondra sera d’abord le fruit d’une rencontre avec le formateur ou les valeurs de l’école. Ensuite il faut bien vérifier, le cas échéant avec des anciens élèves, le contenu de la formation, et le point de sortie au niveau compétences. Un étudiant tout autant qu’un jeune praticien est aussi accueilli au sein de notre Syndicat National des Hypnothérapeutes et nous lui donnons toutes les informations, conseils, services qui lui sont et seront utiles pour son installation et la pratique de sa profession.

Sabrina : Et pour les patients, y a-t-il des pièges à éviter lorsqu’on décide de recourir à cette technique ?

P.Duquoc : Il y a beaucoup d’annuaires de thérapeutes, donc il faut bien choisir. Le SNH a un annuaire de ses membres sur son site, et là nous sommes clairs. Ce sont des thérapeutes dont nous avons au moins vérifié les différentes qualités professionnelles. Le bouche à oreille est aussi et souvent le meilleur moyen pour trouver un bon hypnothérapeute, il y a là un vrai lien de confiance qui se constitue. Ensuite il y a la première séance, et là c’est le moment où vous pouvez sentir que ça le fera ou pas, l’éternelle question du feeling en fait.

Sabrina : Hypnothérapie et TCA cela t’inspire quoi ?

P.Duquoc : J’accompagne régulièrement des clientes sur des troubles alimentaires, des anciennes anorexiques, des personnes en surpoids et une prise en charge globale est souvent le mieux pour elles. C’est un travail parfois assez long car les blessures sont le plus souvent anciennes et bien profondes. Pourtant tout travail sur soi fait dans et avec la force d’un Soi unifié porte ses fruits. Retrouver un plaisir d’être dans l’ici et maintenant est un indéniable moteur pour avancer dans sa vie. Ensuite peut apparaître une meilleure relation au corps ce qui est important et marque une autre avancée. On retrouve en fait les marqueurs classiques des TCA. Et donc c’est vraiment une avancée et un travail par paliers. J’aime voir renaître le sourire, et j’aime voir apparaître, dans l’allure, sur le visage, une baisse des tensions internes, de la paix ou de la tonicité. Le corps reflète si bien l’état intérieur que les changements sont des fois assez étonnants et bien sûr très agréables pour le thérapeute.

Sabrina : Un mot sur SabrinaTCA92 ou sur mon « Combat » à présent que l’on se connaît plutôt bien… ?

P.Duquoc : Sabrina, pour moi tu es comme un cheval au galop et pour l’essentiel j’admire cette énergie toujours en mouvement, toujours en don.

Je suis épaté par ces personnes qui semblent ne jamais se poser parce que ça me renvoie à moi et à certains de mes anciens comportements. J’ai dû apprendre à me poser, à trouver des points et moments de repos et en te regardant je me dis que tu dois aussi avoir ça quelque part pour en faire autant, j’ai lu que tu aimais Eckart Tolle. En tout cas bravo pour tout ce travail car il y a un véritable besoin d’informations et d’actions sur ces problématiques. Et j’espère qu’au-delà des liens d’internet nous aurons la chance de nous rencontrer.

Merci Patrick pour ces explications. Pour en savoir plus j’invite les lecteurs à consulter le site du Syndicat National des Hypnothérapeutes et peuvent poser leurs questions via la page Facebook du Syndicat… Perso, j’ai une dernière question… Pourquoi avoir choisi une illustration d’Hokusai ?

 P.Duquoc :  « La magie des vagues au coeur du milieu, médiance et reliance  qui me touchent au plus juste… »

Article intialement paru sur le site de Sabrina  

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