Corps et âme en éveil

Anorexie boulimie : le témoignage de Laetitia

Je m’appelle Laetitia, j’ai 21ans et cela fait maintenant 7ans que je souffre d’anorexie-boulimie, de façon altérée, mais ce n’est que depuis que 2 ans environ que j’en ai parlé à mes parents. Avant cet aveu, j’étais sans cesse dans la dissimulation et le mensonge. Mes parents disent s’en être tout être tout de même aperçu mais ne pas avoir pu m’en parler car dès qu’ils essayaient de me questionner, je m’énervais. J’étais sans cesse en conflit avec eux, je les fuyais, je fuyais ma famille et leurs invitations. Ils me reprochent d’avoir refusé leur aide mais c’était l’aide de tout le monde que je refusais, pas la leur spécifiquement. L’an dernier, ils m’ont même mise dehors parce que c’était trop dur à supporter pour eux. Ils le vivaient très mal et se sentaient impuissants, comme tous les parents. Je pense que cela a été accentué par le fait qu’ils étaient eux-mêmes en grande souffrance vis-à-vis du décès de ma sœur (20ans) et de mon frère (10ans) en 2012. Ils ne voulaient pas un fardeau et un problème en plus. Ayant été hébergée 8 mois chez ma meilleure amie (que ma mère ne supporte pas), c’est moi qui suis revenue vers eux lors des fêtes de fin d’année avec l’idée d’aller enfin me faire soigner en hôpital ; chose que ma mère attendait depuis longtemps.

Les parents veulent souvent trop faire pour nous aider mais parfois, c’est pire que mieux. Ils peuvent par contre nous soutenir sans être trop envahissants.

Pour mes parents l’hospitalisation que j’ai vécu cet été pendant 2mois et demi ne sert à rien car je ne suis pas totalement guérie et pour eux je vais forcément replonger car je vis seule dans ma chambre universitaire. Comment leur expliquer que le processus de guérison est long mais possible, qu’il faut juste être patient ? C’est dur de comprendre cela. Heureusement, je peux maintenant en parler avec eux mais tout en restant évasive et en ne rentrant pas dans les détails de tout ce que je vis. Ce n’est pas du mensonge, je les protège et je me protège. Je pense que c’est ce qu’il faut faire. Ma guérison et mes soins sont mon espace, je veux vivre d’autres choses avec eux que la difficulté de la maladie.

Certes les choses n’ont pas toujours été faciles mais mon avantage, c’est que je ne vivais pas chez mes parents mais seule. Cela ne nous a pas toujours aidés mais je pense que c’est ce qui a fait qu’on n’a pas clairement coupé les ponts. J’ai su m’entourer de bonnes personnes, j’ai eu la chance de me faire suivre et je poursuis vers le chemin de la guérison avec beaucoup d’espoir. Avec mes parents oui, mais aussi avec mon copain, avec des professionnels de santé, avec des amis. S’entourer est important et permet de ne pas s’isoler davantage, de relever la tête et de déverser un peu tout le désespoir, les craintes ou l’impuissance sur diverses personnes qui sont là pour nous et qui nous aiment. C’est aussi important de leur faire comprendre qu’ils ne sont en aucun cas coupables de notre maladie, personne n’est responsable de la survenue d’une grippe ou d’une angine. Pour moi, c’est la même chose, divers facteurs interviennent et eux aussi doivent s’entourer et se faire suivre.

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